On n’est nulle part.
Dans un vide incompréhensible--
Tandis que le monde joue,
Le temps s’arrête:
Le temps s’arrête:
La vie n'est plus.
On pense aux moments avant
Quand les choses sont plus claires
On pense que tout ira bien.
Il faut espérer et prier que
« Le Seigneur s'occupe
Des enfants et
Des imbéciles. »
Des enfants et
Des imbéciles. »
Mais l’espoir est sale.
Les prières ne suffisent pas.
Les prières ne suffisent pas.
Il n’y a plus rien à faire
Sauf
à se rappeler et à pleurer avec
Une tristesse profonde
On crie si fort—primal et sauvage.
Mais personne n’écoute.
Personne ne comprend.
Puis existentiellement--
Seule et en silence
On est transporté de
Ce moment éphémère
Pour l’éternité
Quand le pire s’est passé.
« C’est reposant la tragédie, parce qu’on sait
qu’il n’y a plus d’espoir, le
sale espoir…, »
Jean Anouilh




